Affaire Pifferi, juges : « Procès médiatique dévastateur où la télévision compte plus que le droit »

Milan, 13 janv. (LaPresse) – Le « procès télévisé » a eu des « répercussions néfastes et dévastatrices » sur le comportement « procédural » d’Alessia Pifferi et a transformé le « procès pénal » en un « genre télévisuel de loisirs et de divertissement », où « les besoins des grilles de programmes sont privilégiés au respect des règles et des droits », avec une « ‘sagesse’ juridique et des ‘intuition’ d’enquête » dont il est « facile d’imaginer » la qualité. C’est ce que relève la Cour d’assises d’appel de Milan dans les motivations de l’arrêt qui a réduit la peine de la quadragénaire de la réclusion à perpétuité à 24 ans. Selon les juges, la « spectaculaire médiatisation » du « procès médiatique » bafoue les principes de civilisation juridique et n’est pas en mesure de « garantir » ni les « personnes mises en examen, les prévenus » ni les « victimes ou citoyens ordinaires », car elle rend des « décisions irrévocables » fondées sur un prétendu « sentiment social et populaire » né de la « désinformation ». Mais les juges concluent que les sentences « sont rendues au nom du Peuple italien, et non par le Peuple italien », et reposent sur des éléments tels que le « dol et la faute », les « indices et preuves », les « circonstances aggravantes et atténuantes », qui mobilisent les « praticiens et techniciens du droit depuis des décennies ».