Rome, 11 mars (LaPresse) – La décision de la Cour d'appel de Rome ravive les doutes sur la légalité de l'ensemble du dispositif juridique lié au protocole Italie-Albanie. Dans trois décisions rendues en février, les juges ont validé le placement en centre de rétention de Gjader, en Albanie, de trois citoyens marocains demandeurs d'une protection internationale, déjà visés par un décret d'expulsion. Pourtant, dans les mêmes motivations, un passage ravive les doutes sur la légitimité du protocole : « La demande de validation de la détention n'aurait pas pu être prononcée si cette Cour d'appel avait émis des doutes quant à la légitimité du protocole Italie-Albanie et de la loi de ratification qui en découle ». Ces mots font suite à la récente saisine préjudicielle de la Cour de justice de l'Union européenne par la Cour d'appel elle-même les 5 et 17 novembre. Une décision qui reconnaît de fait que des questions encore non résolues pèsent sur le cadre réglementaire de l'accord. Les trois hommes concernés, ayant des antécédents judiciaires allant de l'association en vue du trafic de drogue à la violence sexuelle en passant par la résistance à un agent de la force publique, restent donc détenus dans le centre albanais.

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