Milan, 10 avril (LaPresse) – « Nous savons que les gens ont besoin de farine, d’eau potable, de médicaments, mais ce n’est pas tout. Le plus important, c’est d’être présent. Pendant le temps que nous passons ensemble, les gens vivent un moment de fête, un moment de paix. Ils ne se sentent pas abandonnés, ils ne se sentent pas seuls ». C'est ce qu'a déclaré Mgr Paolo Borgia, nonce apostolique au Liban, dans une interview accordée à « la Repubblica ». « À Beyrouth, souligne-t-il, la situation reste chaotique suite aux événements de mardi, sans doute le moment le plus difficile depuis le début du conflit. Il y a eu une attaque massive et simultanée dans plusieurs quartiers et dans le sud du pays. On parle de plus d’un millier de blessés et de 250 à 300 morts, mais ce chiffre devra être vérifié au fur et à mesure que les décombres seront déblayés ». Selon Mgr Borgia, « comme dans toute guerre, ce sont finalement surtout les civils qui en font les frais, en particulier les enfants et les personnes vulnérables. À ce jour, on comptait environ 130 enfants décédés. C’est un chiffre douloureux. À Beyrouth, il y a environ un million de personnes déplacées. Même dans le sud, certains vivent dans leur voiture, j’ai vu le front de mer rempli de voitures. Les personnes qui ont quitté les villages vivent dans des conditions difficiles et se demandent si elles pourront rentrer et si elles retrouveront encore un toit ». « La FINUL – ajoute-t-il – rend un service exceptionnel : elle surveille le cessez-le-feu, garantit la sécurité et l’accès de l’aide humanitaire aux civils dans la zone de la Ligne bleue, assiste les forces armées libanaises. Il est certainement condamnable de l’attaquer. » Et, à la question de savoir s’il voit un risque que les chrétiens quittent le Liban, le nonce apostolique à Beyrouth répond : « J’espère que non, les chrétiens, comme les autres composantes de la société, sont enracinés au Liban, ils ont une longue histoire. Bien sûr, le problème est d’offrir des conditions de vie acceptables : nous ne devons pas oublier la crise économique de ces dernières années et la guerre de l’année dernière. »

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