Cité du Vatican (Vatican), 27 avr. (LaPresse) – « La guerre est devenue l’objet d’un culte idolâtre : on ne s’assoit plus autour de tables pour éviter absolument les conflits, mais on les considère désormais comme un scénario possible, voire inévitable. Les civils ne sont plus considérés comme des victimes collatérales, mais deviennent des dommages imputables au refus de l’ennemi de se rendre ou des instruments fonctionnels à la réalisation de ses propres objectifs. La guerre agit comme une fin en soi. Certaines puissances mondiales, qui se présentaient autrefois comme garantes de l’ordre international, révèlent aujourd’hui un visage différent : elles choisissent leur camp non pas en fonction de la justice, mais selon leurs intérêts stratégiques et économiques. Une grande partie des institutions – civiles, politiques, religieuses – finissent ainsi par rester des spectateurs silencieux et impuissants face à l’émergence de ce nouveau désordre mondial. » Ainsi s’est exprimé le patriarche latin de Jérusalem, le cardinal Pierbattista Pizzaballa, dans la lettre « Ils retournèrent à Jérusalem avec une grande joie ». « La guerre en cours a soulevé d’autres questions éthiques auxquelles nous n’étions pas préparés. Je pense en particulier à l’utilisation de l’intelligence artificielle dans les opérations militaires. Il ne s’agit plus seulement d’armes de plus en plus sophistiquées ou de drones télécommandés : nous entrons dans une phase où les algorithmes sélectionnent les cibles et prennent des décisions qui, jusqu’à hier, relevaient exclusivement de l’humain. Que se passe-t-il lorsqu’une machine décide qui vit et qui meurt ? Quelle responsabilité reste-t-il à l’homme ? Ce sont des questions nouvelles, pour lesquelles nous n’avons pas encore de réponses, mais que nous ne pouvons plus nous permettre d’ignorer. »
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