Rome, 13 mai (LaPresse) – « Le ministre de la Justice ne peut pas se prononcer sur une procédure en cours. Je ne peux m'exprimer qu'à titre théorique, mais cette situation, en quelque sorte paradoxale, découle d'une législation qui, selon moi, devrait être modifiée, mais il sera très difficile de la changer ». C'est ce qu'a déclaré le ministre de la Justice, Carlo Nordio, à propos de l'affaire Garlasco et des derniers développements de la nouvelle enquête. Le garde des Sceaux a répondu à une question de la présentatrice du colloque « Protéger ceux qui protègent : actions de soutien psychologique pour le Corps de police pénitentiaire », qui se tient actuellement à Rome. L'affaire Garlasco – selon le ministre de la Justice – est le fruit « d'une législation qui, à mon avis, devrait être modifiée, mais qu'il sera très difficile de modifier, et en vertu de laquelle une personne acquittée en première et en deuxième instance peut ensuite, sans nouvelles preuves, être condamnée. Et c'est ce qui s'est produit il y a seize ans lors du premier procès ». En somme, « qu’il soit très clair que je n’ai pas la moindre idée du déroulement du crime ni de son auteur, mais j’ai une idée très claire du fonctionnement de notre législation, qui est erronée ». Car « si une personne ne peut être condamnée qu’au-delà de tout doute raisonnable, comment peut-on condamner une personne qui a été acquittée à deux reprises, par une cour d’assises et par une cour d’assises d’appel ? ». Alors que dans le système anglo-saxon, a ajouté Nordio, « tout cela est absolument inconcevable ». Et « c’est de là que naît une situation face à laquelle le citoyen italien se demande aujourd’hui, perplexe, comment il se fait qu’une personne ait purgé une très lourde peine en tant que coupable alors qu’une enquête est actuellement menée sur une autre personne sur la base de preuves pour lesquelles, selon l’accusation, l’auteur du crime serait différent du premier : c’est une situation anormale, que je n’ai jamais vue ».

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