L’arrivée au pouvoir des talibans fait craindre un regain du terrorisme en Afghanistan, mais aussi l’infiltration de « terroristes » parmi les milliers d’afghans qui tentent, depuis dimanche dernier, de fuir le pays.

Au cours d’une conférence de presse avec la chancelière allemande, vendredi à Moscou, le président  russe Vladimir Poutine a appelé à ne pas permettre aux « terroristes » de quitter ce pays, y compris en se faisant passer pour des réfugiés.

Des milliers d’afghans avaient envahi, dimanche dernier, l’aéroport de Kaboul pour tenter de fuir le pays, au moment où plusieurs pays rapatriaient leurs ressortissants et collaborateurs afghans.

La Russie, qui est l’un des pays n’ayant pas évacué son ambassade à Kaboul après l’arrivée des talibans, avait assuré mardi que ces derniers envoyaient des « signaux positifs » en matière de libertés et de partage du pouvoir et se comportaient de matière « civilisée » dans la capitale afghane.

Moscou considère que la crise afghane est due au « départ précipité », voire à la « fuite » des forces américaines, appelant à l’ouverture d’un « dialogue national » en Afghanistan « avec la participation de toutes les forces politiques, ethniques et confessionnelles » de ce pays.

« Nous devons tout faire pour unir nos efforts pour soutenir le peuple afghan, normaliser la situation dans ce pays et établir des relations de bon voisinage », a  déclaré Poutine lors de la conférence de presse.

Pour le président russe, le retour en force des talibans est « une réalité avec laquelle il faut compter, pour ne pas permettre l’effondrement de l’Etat afghan ».

« Il faut arrêter (…) cette volonté de bâtir dans d’autres pays la démocratie selon des modèles étrangers, sans tenir compte des particularités historiques, nationales ou religieuses, en ignorant complètement les traditions selon lesquelles vivent d’autres peuples », a t-il ajouté.

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