Paris menace de « réduire » ses livraisons d’électricité à Jersey en raison de la crise post-Brexit liée à la pêche, a déclaré ce vendredi le secrétaire d’Etat français aux Affaires européennes.
« Réduire les livraisons (d’électricité à Jersey) c’est possible, couper le courant à chaque habitant de Jersey cet hiver, cela n’arrivera pas », a souligné Clément Beaune à la presse locale.
Ces menaces font suite à la baisse des quotas de pêche par les britanniques, alors que l’accord post-Brexit, conclu in extremis à la fin de l’année dernière entre Londres et Bruxelles autorise les pêcheurs européens à continuer à travailler dans certaines eaux britanniques à condition d’obtenir une licence s’ils prouvent qu’ils y pêchaient auparavant. L’île anglo-normande de Jersey a annoncé le 29 septembre l’octroi de 64 licences définitives à des bateaux français (contre 169 demandées par Paris) et le rejet de 75 dossiers. La veille, Londres avait accordé 12 autorisations supplémentaires dans ses eaux, dans la limite des 6 à 12 milles nautiques de ses côtes (contre 87 demandées).
« Nous avons demandé un peu plus de 450 licences au total (…). On tiendra bon sur les 450 », a martelé le secrétaire d’Etat français. Plus largement, « nous prendrons des mesures ciblées de rétorsion » contre le Royaume-Uni si Londres « continue à ne pas appliquer l’accord » sur le Brexit, a-t-il ajouté, sans préciser s’il parlait de la France seule ou des Européens. « Les Britanniques ont besoin de nous pour vendre leurs produits, y compris de la pêche. Ils ont besoin de nous pour leur énergie, pour leurs services financiers, pour leurs centres de recherche », a noté le secrétaire d’Etat.
« Sur tout cela nous avons des mesures de rétorsion, des mesures de coopération que nous pouvons moduler, réduire si les Britanniques continuent à ne pas appliquer l’accord », a-t-il dit. « Si les Britanniques ne respectent pas leur part, nous ne ferons pas à 100 % notre part ».
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