Les autorités du Soudan du sud sont appelées à renforcer la transparence des revenus gaziers et pétroliers.

« La corruption dans l’extraction du pétrole et du gaz entraîne des pertes importantes de revenus qui auraient pu être utilisés pour les services publics destinés aux femmes », a dit le Comité pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes (CEDAW), en rendant public aujourd’hui les conclusions et observations du rapport initial présenté le 4 novembre dernier à Genève par le Soudan du Sud. Lors des débats, plusieurs expertes du CEDAW ont interrogé la délégation sud-soudanaise sur la redistribution de la rente pétrolière.

Pour une meilleure répartition de cette rente, le Comité demande à Djouba d’affecter une part adéquate des revenus tirés de l’exploitation de toutes les ressources naturelles à des programmes d’autonomisation des femmes et des filles. Il s’agit notamment de doter le ministère de l’Egalité des sexes de ressources suffisantes pour lui permettre de s’acquitter de son mandat d’autonomisation des femmes et des filles.

Le Comité note également avec préoccupation l’absence de garantie que les revenus dédiés des ressources naturelles soient utilisés pour des programmes de développement humain. Pour les expertes indépendantes onusiennes, Djouba doit donc renforcer la loi sur la Commission de lutte contre la corruption et enquêter sur les détournements de fonds de l’Office national des recettes.

A noter que lors du rapport de son pays, la Ministre de l’égalité des sexes, de l’enfance et des affaires sociales du Soudan du Sud avait répondu aux préoccupations du Comité sur la gestion des ressources, de l’économie et des finances, affirmant qu’un projet de loi portant création d’un fonds pour les femmes et les entreprises est en cours d’élaboration.

Mais pour le comité, Djouba doit affecter toutes les ressources nécessaires et appliquer les stratégies mises en place pour améliorer l’accès des femmes à la protection sociale et leur autonomisation économique, en mettant particulièrement l’accent sur les femmes rurales.

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