L’Organisation de la coopération islamique (OCI) s’est engagée dimanche à créer un fonds d’aide humanitaire pour l’Afghanistan, où la famine et la pauvreté menacent des millions d’habitants, rapporte lundi la presse qatarie. 

La crise humanitaire s’abat sur le pays après que les avoirs et les milliards de dollars de fonds d’aide accordés par la communauté internationale, ont été gelés dès l’arrivée au pouvoir des talibans en août 2020.

« Si nous n’agissons pas immédiatement, c’est le chaos total qui guette l’Afghanistan », a déclaré le Premier ministre pakistanais Imran Khan, dont le pays accueille le sommet de l’OCI.

« Un gouvernement qui n’est pas en mesure de payer les salaires de ses fonctionnaires est voué à l’échec. Personne ne souhaite voir le chaos s’installer en Afghanistan, certainement pas les Etats-Unis », a-t-il poursuivi.

Une résolution de l’OCI publiée dimanche après la tenue du sommet, a indiqué que la Banque de développement islamique se chargerait de délivrer des fonds d’aide au cours du premier trimestre de 2022.

L’OCI n’a pas formellement reconnu le gouvernement taliban pendant le sommet et le ministre des Affaires étrangères taliban Khan Muttaqi a été exclu de la photographie officielle.

L’évolution de la situation dépendra en grande partie de Washington qui doit décider s’il est est prêt à débloquer des milliards de dollars de réserves de la banque centrale et à lever les sanctions qui ont dissuadé de nombreuses institutions et gouvernements à entamer le dialogue avec les talibans.

Rappelons que l’aide internationale à l’Afghanistan a été suspendue après le retour au pouvoir des talibans en août dernier, les pays occidentaux ayant de leur côté gelé des milliards de dollars d’avoirs détenus à l’étranger, au moment où le pays traverse sa pire crise humanitaire.

Selon un rapport de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et le Programme alimentaire mondial (PAM), publié le 25 octobre dernier, l’Afghanistan  connaît déjà l’une des plus grandes crises alimentaires au monde. En effet, « un Afghan sur deux sera confronté à des niveaux critiques ou d’urgence d’insécurité alimentaire aiguë entre novembre de cette année et mars 2022 ».

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