Deux femmes ont été violées lors des manifestations contre le pouvoir militaire dimanche au Soudan, d'après le ministère du Développement social, deux femmes ont été violées à Khartoum.

Le nombre de victimes annoncé par le ministère soudanais pourrait être plus élevé.
« Nous avons reçu des informations profondément troublantes faisant état de violences sexuelles et de harcèlement par les forces de sécurité, lors des manifestations qui ont eu lieu à Khartoum le dimanche 19 décembre 2021 », a déclaré lors d’un point de presse à Genève, Liz Throssell, porte-parole du Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme (HCDH).
Les services de la Haut-Commissaire Michelle Bachelet ont reçu « des allégations selon lesquelles 13 femmes et filles ont été victimes de viols ou de viols collectifs ».
« Notre Bureau conjoint des droits de l’homme au Soudan a également reçu des allégations de harcèlement sexuel par les forces de sécurité à l’encontre de femmes qui tentaient de fuir la zone autour du palais présidentiel dans la soirée du 19 décembre 2021 », a ajouté Throssell, plaidant pour « une enquête rapide, indépendante et approfondie sur ces allégations de viol et de harcèlement sexuel ».
Les auteurs de ces actes doivent être identifiés et poursuivis, insiste l’ONU. « D’autres manifestations étant prévues ce week-end et dans les semaines à venir, il est essentiel que les forces de sécurité garantissent et protègent le droit de réunion pacifique et agissent dans le plein respect des lois et normes internationales régissant l’usage de la force », a insisté la porte-parole du HCDH.
L’ONU veut donc une enquête indépendante sur les allégations de décès et de blessures de manifestants résultant d’un recours inutile ou disproportionné à la force, en particulier l’utilisation de balles réelles.
Les manifestations du 19 décembre, auxquelles des dizaines de milliers de personnes ont participé, ont été organisées pour marquer le troisième anniversaire des protestations qui ont débuté en décembre 2018 et ont finalement abouti au renversement du gouvernement du président Béchir en avril 2019. Les manifestants protestaient également contre le coup d’État militaire du 25 octobre et l’accord politique signé le 21 novembre 2021.

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