Le chef de l’ONU appelle à dégeler des fonds afghans de 1,2 milliard

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guteres, a de nouveau appelé ce jeudi les Etats-Unis et la Banque mondiale à dégeler des fonds afghans bloqués depuis l'accession au pouvoir des talibans, à défaut de quoi, le "cauchemar qui se déroule en Afghanistan » ne fera que s’accroître.

« Les règles et conditions qui empêchent l’argent d’être utilisé pour sauver des vies et l’économie doivent être suspendues dans cette situation d’urgence », a-t-il plaidé lors d’une rencontre avec des journalistes, organisée deux jours après un appel de l’organisation à trouver plus de cinq milliards de dollars pour venir en aide en urgence au peuple afghan.

Pour le chef de l’ONU, « les États-Unis ont un rôle très important à jouer, car la majeure partie du système financier mondial fonctionne en dollars ».
« Il existe un volume important de fonds qui sont gelés aux États-Unis et dans plusieurs autres pays du monde », a ajouté Antonio Guterres.

Au cours des derniers mois, de l’argent a été débloqué, mais « nous devons faire encore plus pour injecter rapidement des liquidités dans l’économie et éviter un effondrement qui conduirait à la pauvreté, la faim et le dénuement pour des millions de personnes », a-t-il dit en citant la Banque mondiale.

Le mois dernier, la Banque mondiale a prélevé 280 millions de dollars d’un fonds dédié à l’Afghanistan pour les transférer à l’UNICEF et au Programme alimentaire mondial opérant dans le pays, a rappelé Antonio Guterres.
Les talibans doivent aussi composer avec le gel par les États-Unis de 9,5 milliards de dollars de réserves de la Banque centrale afghane, ce qui équivaut à la moitié du produit intérieur brut 2020 du pays.

Washington reste jusqu’à présent sourd aux demandes des talibans qui réclament un dégel de ces fonds pour relancer l’économie et lutter contre la famine menaçant aujourd’hui, selon l’ONU, 23 millions d’Afghans, soit 55 % de la population.