Francfort (Allemagne), 22 janvier (LaPresse) – Après le revirement de Donald Trump sur la menace de droits de douane contre les alliés européens, certains détails de l'accord entre les États-Unis et l'OTAN sur le Groenland ont été révélés par les médias allemands. Selon Bild et la Frankfurter Allgemeine (Faz), l'accord conclu entre Trump et le secrétaire général de l'OTAN Mark Rutte prévoit un renforcement de la présence alliée dans l'Atlantique Nord et un rôle direct des États-Unis dans les bases militaires de l'île, sans toutefois préciser les détails relatifs à la souveraineté. Bild rapporte que, dans le document interne allemand consulté par le quotidien, la proposition établit trois points clés : tous les États membres de l'OTAN assument collectivement la protection du Groenland ; le Danemark et le Groenland renégocient avec les États-Unis le traité de défense de 1951, qui garantit la liberté de mouvement et la présence militaire des Américains ; Trump renonce à d'éventuels droits de douane contre les alliés. L'Allemagne accueille favorablement la désescalade, mais reste sceptique quant à l'étendue de la disponibilité américaine, qui pourrait s'étendre à un rôle décisionnel sur les bases. Selon le FAZ, l'accord s'inspire en partie du modèle britannique à Chypre, où les bases militaires restent sous le contrôle de Londres et ne peuvent être utilisées qu'à des fins militaires. De même, les États-Unis pourraient obtenir la gestion directe de certaines bases au Groenland, sans pour autant modifier formellement la souveraineté de l'île, qui reste partie intégrante du royaume du Danemark. Les médias allemands soulignent que l'accord reste préliminaire et embryonnaire. On ne sait pas encore si les États-Unis conserveront un contrôle effectif sur certaines parties du territoire ni comment seront décidées les autorisations d'investissements étrangers. Bild signale également que l'attention européenne se concentre sur la défense et la sécurité arctiques, notamment pour empêcher la Russie et la Chine de consolider leur influence dans la région. La réaction danoise et groenlandaise est prudente : le gouvernement de Copenhague insiste sur le fait que la souveraineté ne peut être négociée sans le consentement du Danemark et du Groenland. Les médias allemands soulignent donc que, malgré le revirement de Trump sur les droits de douane, de nombreuses incertitudes subsistent quant au statut juridique futur de l'île et à l'étendue effective des pouvoirs américains.
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