Francfort (Allemagne), 4 février (LaPresse) – La citoyenne allemande Maja T., âgée de 25 ans, a été condamnée à 8 ans de prison par le tribunal de la ville de Budapest pour son implication présumée, en tant que membre du groupe dit « Hammerbande » (la bande du marteau), dans des agressions contre des extrémistes de droite présumés en février 2023. La décision a été rendue par le tribunal de Budapest après un procès qui a duré près d'un an, comme le rapporte Bild. L'accusation portait sur des tentatives de coups et blessures graves et la participation à une association de malfaiteurs. Maja T. se définit comme non binaire. Selon l'acte d'accusation, entre le 9 et le 11 février 2023, une vingtaine de militants présumés d'extrême gauche, dont Maja T., auraient agressé des personnes à cinq endroits différents de Budapest à l'aide de télescopes, de marteaux en caoutchouc et de spray au poivre. Les agressions visaient des personnes qui, selon les agresseurs, avaient participé à la « Journée de l'honneur », un rassemblement annuel commémoratif des SS toléré par les autorités locales. Neuf personnes auraient été blessées lors de ces incidents, dont une souffrant d'une fracture du crâne. Dans le même contexte, l'Italienne Ilaria Salis avait été arrêtée. Le parquet avait requis 24 ans de prison contre Maja T., mais peu de preuves directes ont été présentées au cours du procès : aucun témoignage ni aucune trace biologique n'ont permis de relier Maja T. aux agressions. L'accusation s'est principalement appuyée sur des images provenant de caméras de sécurité situées à proximité des lieux des faits. Maja T. avait été arrêtée à Berlin en décembre 2023 et extradée vers la Hongrie en juin 2024, bien que la Cour constitutionnelle allemande ait par la suite jugé l'extradition illégale, estimant que les conditions de détention n'avaient pas été correctement évaluées pour cette personne non binaire. Des responsables politiques du parti Die Linke, des Verts et du SPD ont demandé le retour de la citoyenne allemande en Allemagne. La famille de Maja T. avait dénoncé des conditions de détention dégradantes, notamment un isolement quasi total, une vidéosurveillance permanente et des infestations d'insectes. L'accusée avait également entamé une grève de la faim en signe de protestation. Si la défense fait appel, Maja T. restera probablement en détention provisoire en Hongrie.

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