Allemagne, Bild : « Au sein de la CDU, hypothèse de remplacement de Merz discutée »

Francfort (Allemagne), 27 mai (LaPresse) – Dans des milieux influents de la CDU circulerait l’hypothèse d’un possible remplacement du chancelier Friedrich Merz par un autre membre du parti, en raison du blocage sur les réformes et de résultats historiquement négatifs dans les sondages. C’est ce que rapporte Bild, selon lequel le sujet aurait été discuté entre des membres de la direction du parti et d’autres figures importantes des chrétiens-démocrates. Selon le journal, il ne s’agirait pas de plans concrets ou formalisés, mais d’évaluations apparues lors de discussions restreintes sur la faisabilité politique et institutionnelle d’un éventuel changement à la tête du gouvernement, tout en étant conscients des risques élevés d’un tel scénario. Des indiscrétions similaires avaient déjà été rapportées par l’hebdomadaire allemand Stern. Sur le plan constitutionnel, un remplacement du chancelier serait théoriquement possible via un vote de défiance constructif prévu par l’article 67 de la Loi fondamentale allemande, qui permettrait au Bundestag d’élire un nouveau chancelier sans recourir à des élections anticipées. Toutefois, dans la pratique, le succès de l’opération dépendrait surtout de la disponibilité de Merz à quitter ses fonctions, volontairement ou sous pression du parti. Parmi les noms qui, selon Bild, pourraient jouer un rôle décisif figurent les puissants gouverneurs régionaux de la CDU, dont Hendrik Wüst, Boris Rhein et Michael Kretschmer, identifiés comme possibles interlocuteurs de Merz en cas de crise. Toujours selon Bild, le dissentiment explicite au sein des directions du parti aurait diminué par crainte de fuites vers la presse, tandis que les critiques circuleraient surtout dans des groupes WhatsApp fréquentés également par d’importants dirigeants régionaux. Les évaluations sur la disponibilité du chancelier à un éventuel retrait restent divergentes : certaines sources estiment que Merz pourrait démissionner en cas d’échec de son programme de réformes, tandis que d’autres soutiennent qu’il ne renoncerait pas facilement à une fonction obtenue après des années de lutte politique.