Rome, 16 fév. (LaPresse) – "Demain, le ministre des Affaires étrangères Antonio Tajani fera un compte rendu à la Chambre sur le soi-disant Board of Peace. Mais le point politique est clair : le gouvernement de Giorgia Meloni a déjà pris sa décision et cherche maintenant une légitimation a posteriori. Nous ne sommes pas devant un organisme multilatéral né dans le cadre de l’ONU ou fondé sur un traité entre États à égalité. Il s’agit d’une initiative promue et revendiquée par Donald Trump comme sa propre création politique, avec une gouvernance construite autour de sa direction et en dehors de l’architecture ordinaire du droit international", a déclaré Angelo Bonelli, député AVS et co-porte-parole d’Europa Verde.
"Tout cela alors que plus de 70 000 morts ont été comptés à Gaza depuis le 7 octobre 2023 et que le territoire est dévasté. Parler de ‘gouvernance de la reconstruction’ dans une structure personaliste et à traction américaine risque de transformer une tragédie humanitaire en opération politique, stratégique et économique," a-t-il ajouté. "On parle ouvertement de projets de spéculation immobilière, de resorts, de casinos et de gros investissements privés sur les ruines d’une population épuisée. Ce n’est pas un processus de paix : c’est transformer la reconstruction en affaire, avec le risque que Gaza devienne un terrain de conquête économique plutôt qu’un lieu de justice et d’autodétermination. Il est grave que le Parlement ne soit impliqué que maintenant, après annonces et reculades. Il est extrêmement grave qu’une décision touchant l’article 11 de la Constitution se fasse par communiqués et ajustements tactiques. L’Italie doit être dans le vrai multilatéralisme, pas dans des architectures politiques personalistes. La paix ne peut être la création privée d’un leader, ni naître sur les ruines de dizaines de milliers de morts", a conclu Bonelli.