Les syndicats et l’opposition au Burkina Faso se sont insurgés mercredi contre une coupure « injustifiée » d’internet depuis quatre jours, au moment où se déroulent des manifestations contre le pouvoir accusé d’impuissance face aux attaques jihadistes.

Eddie Komboïgo, chef de file de l’opposition, a dénoncé une « mesure arbitraire, abusive et injuste qui intervient dans un contexte marqué par les réactions légitimes des citoyens face aux mauvaises réponses apportées au plan sécuritaire, ainsi qu’à une grave crise de gouvernance.

Bassolma Baziè, porte-parole du Collectif des syndicats du Burkina Faso, a également estimé que, « incapable d’apporter une réponse adéquate à l’aggravation de la crise sécuritaire, le gouvernement de Roch Marc Christian Kaboré (chef de l’Etat) s’est plutôt attelé à une restriction des libertés démocratiques et syndicales ».

Il a affirmé que « cette restriction des libertés individuelles et collectives a atteint un point culminant ces derniers jours », citant, outre la coupure de l’internet mobile, « les interdictions de manifestations, et l’arrestation  de leaders syndicaux et de la société civile ».

Par ailleurs, les organisations de la presse s’insurgent également « contre cette violation flagrante et inopportune du droit du public à l’information et une atteinte grave à la liberté d’expression et de la presse ».

Toutes ces organisations ont exigé le rétablissement immédiat de l’internet mobile, tandis que la connexion via la fibre optique était toujours possible, mais pour très peu d’usagers.

Lundi, le ministère de la Communication invoque sans plus de précisions des raisons de « sécurité » pour justifier cette « suspension ».

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